
Face à un accident sans tiers, l’indemnisation ne dépend pas de la chance mais d’une procédure rigoureuse que vous contrôlez.
- La garantie « Dommages tous accidents » est indispensable, mais insuffisante sans une documentation parfaite des faits.
- Chaque action, du premier nettoyage à la rédaction du constat, est une pièce à conviction qui qualifie le sinistre aux yeux de l’expert.
Recommandation : Adoptez une posture de « gestionnaire de preuves » dès la première seconde pour transformer une situation stressante en un dossier d’indemnisation solide et incontestable.
Le bruit sourd, le choc, puis le silence. Vous venez de heurter un poteau en manœuvrant, de percuter un animal qui a surgi sur la route, ou de découvrir une longue rayure sur votre portière en revenant sur un parking. Dans tous les cas, le constat est le même : votre véhicule est endommagé, et vous êtes seul. La première pensée qui traverse l’esprit est souvent une question angoissante : « Mon assurance va-t-elle me rembourser ? ». L’instinct pousse à croire que tout repose sur le fait d’avoir ou non une assurance « tous risques ». Si cette condition est souvent nécessaire, elle est loin d’être suffisante.
La réalité de l’indemnisation pour un sinistre sans tiers identifié est bien plus complexe. Elle ne se joue pas seulement au moment de la souscription de votre contrat, mais surtout dans les heures et les jours qui suivent l’incident. Chaque geste, chaque décision, chaque mot que vous emploierez dans votre déclaration peut influencer radicalement la décision de votre assureur. La crainte d’un refus de prise en charge, d’une franchise exorbitante ou d’un malus conséquent est légitime. Elle vient du sentiment d’impuissance face à un processus qui semble opaque et arbitraire.
Et si la clé n’était pas la garantie elle-même, mais la méthode rigoureuse que vous employez pour l’activer ? L’indemnisation pour un accident sans tiers n’est pas une fatalité que l’on subit, mais un processus que l’on peut piloter. Il s’agit de construire une véritable « chaîne de la preuve », où vous devenez l’acteur principal de votre propre dossier. L’objectif de ce guide n’est pas de simplement lister les garanties existantes, mais de vous fournir la procédure exacte, étape par étape, pour documenter, déclarer et défendre votre cas. Nous allons décomposer les mécanismes que les experts et les assureurs utilisent pour qualifier un sinistre, afin de vous donner les outils pour présenter les faits de la manière la plus juste et efficace possible.
Pour naviguer avec méthode dans cette situation délicate, cet article est structuré pour vous guider pas à pas. Vous découvrirez les subtilités des garanties, l’importance cruciale de la préparation de l’expertise, et les actions précises à mener selon la nature de votre sinistre.
Sommaire : Gérer un sinistre auto sans tiers : la procédure d’indemnisation
- Pourquoi percuter un sanglier nécessite une couverture dommages tous accidents pour être remboursé ?
- Comment chiffrer les dégâts avec un expert certifié avant de lancer les travaux en carrosserie ?
- Dommages collision ou tous dommages : la subtilité qui change tout si le tiers prend la fuite ?
- L’erreur de nettoyer la rayure vous-même qui annule la prise en charge de la peinture intégrale
- Dans quel ordre remplir votre constat amiable quand vous heurtez le mobilier urbain sans témoin ?
- Pourquoi le réseau partenaire bénéficie d’une validation express des devis par l’expert ?
- Catastrophes naturelles ou forces de la nature : comment l’arrêté ministériel change vos droits ?
- Quels types de sinistres à couvrir en priorité si votre véhicule dort dehors en métropole ?
Pourquoi percuter un sanglier nécessite une couverture dommages tous accidents pour être remboursé ?
Le choc avec un animal sauvage est un scénario malheureusement fréquent sur les routes. En France, on dénombre plus de 40 000 collisions par an avec des animaux sauvages, impliquant sangliers, chevreuils ou autres cervidés. Face à cette situation, beaucoup d’assurés pensent à tort que leur garantie « Dommages Collision » suffira. C’est une erreur fondamentale de compréhension du contrat d’assurance. La garantie Dommages Collision n’intervient que si le sinistre implique un tiers identifié : un autre véhicule, un piéton, ou même un animal domestique dont le propriétaire est connu.
Un sanglier, aussi massif soit-il, n’est pas considéré comme un tiers identifié. Il appartient à la catégorie « res nullius » (chose de personne). Par conséquent, en l’absence d’un tiers responsable contre qui se retourner, la garantie Dommages Collision est inopérante. Seule la garantie Dommages Tous Accidents (souvent incluse dans les formules « Tous Risques ») peut couvrir les réparations de votre véhicule. Cette garantie vous indemnise pour les dommages matériels subis, que vous soyez responsable ou non, et surtout, qu’un tiers soit identifié ou non. C’est la couverture essentielle pour tous les accidents « seuls ».
Étude de Cas : L’illusion du recours au FGAO
Beaucoup d’automobilistes assurés « au tiers » ou avec une garantie « Dommages Collision » pensent pouvoir se tourner vers le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO) après avoir heurté un animal sauvage. C’est une méconnaissance courante. Le FGAO n’intervient qu’en cas de dommages corporels (si vous ou un passager êtes blessé) lors d’une collision avec un animal sauvage. Il ne prend jamais en charge les dommages purement matériels causés au véhicule dans ce scénario. Ainsi, un conducteur qui heurte un sanglier et n’a « que » sa voiture endommagée ne recevra aucune indemnisation du FGAO, même après avoir déposé une plainte. Cette règle souligne l’importance capitale de la garantie Dommages Tous Accidents.
La distinction est donc cruciale : sans la bonne garantie, même en prouvant la collision avec un animal (traces de poils, sang, constat des forces de l’ordre), les frais de réparation resteront entièrement à votre charge. Penser à cette couverture en amont est la seule véritable protection contre ce type d’imprévu.
Comment chiffrer les dégâts avec un expert certifié avant de lancer les travaux en carrosserie ?
Après un accident sans tiers, l’intervention de l’expert mandaté par votre assurance est le moment clé qui détermine le montant de votre indemnisation. Contrairement à une idée reçue, l’expert n’est pas un adversaire. C’est un technicien dont la mission est d’évaluer objectivement les dommages, d’en déterminer l’origine et de chiffrer le coût des réparations. Votre rôle n’est pas de subir son verdict, mais de piloter cette expertise en lui fournissant toutes les informations nécessaires pour une évaluation juste et complète. Un dossier bien préparé peut faire la différence entre une prise en charge partielle et une indemnisation intégrale.
L’expert va inspecter minutieusement votre véhicule pour identifier tous les dommages visibles et cachés, vérifier leur cohérence avec votre déclaration de sinistre, et établir la méthode de réparation la plus appropriée. Pour cela, il s’appuie sur les preuves que vous lui présentez. Un véhicule « propre » et des informations manquantes peuvent l’amener à minimiser l’étendue des dégâts. C’est pourquoi la préparation en amont est si stratégique.
Comme le montre cette image, l’expertise est un acte technique de précision. L’expert utilise des outils et son expérience pour déceler les déformations, les impacts sur la structure et les dysfonctionnements électroniques qui ne sont pas toujours visibles à l’œil nu. Une fois son analyse terminée, il rédige un rapport qui sera la base de la proposition d’indemnisation de l’assureur. D’après les délais habituels d’expertise, ce rapport est généralement transmis sous 8 à 12 jours calendaires.
Votre plan d’action pour piloter l’expertise
- Points de contact : Rassemblez le certificat d’immatriculation, les factures d’achat et toutes les factures d’entretien récent pour prouver la valeur et l’état du véhicule avant le sinistre.
- Collecte : Préparez le carnet d’entretien à jour et le rapport du dernier contrôle technique pour démontrer le bon suivi de votre véhicule.
- Cohérence : Listez par écrit tous les dysfonctionnements constatés après l’accident, y compris les problèmes électroniques ou mécaniques non visibles (capteurs, bruits suspects, voyants).
- Mémorabilité/émotion : Ne nettoyez surtout pas les zones d’impact et ne touchez à aucune pièce endommagée. Les traces (peinture, terre, poils) sont des preuves pour l’expert.
- Plan d’intégration : Préparez vos questions clés pour l’expert : « Quelles sont les prochaines étapes ? », « Puis-je demander une contre-expertise ? », « La VRADE (Valeur de Remplacement à Dire d’Expert) proposée est-elle négociable ? ».
En adoptant cette démarche proactive, vous passez du statut d’assuré passif à celui de partenaire de l’expert, maximisant ainsi vos chances d’obtenir une indemnisation qui couvre la totalité du préjudice subi.
Dommages collision ou tous dommages : la subtilité qui change tout si le tiers prend la fuite ?
La différence fondamentale entre la garantie « Dommages Collision » et « Dommages Tous Accidents » réside dans un critère unique mais décisif : l’identification formelle d’un tiers responsable. Comprendre cette subtilité est vital, notamment dans le cas fréquent d’un délit de fuite, une situation qui concerne un nombre croissant d’automobilistes. Selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, on a recensé 174 600 délits de fuite en 2023, représentant près de 20% des délits routiers.
La garantie « Dommages Collision » est conçue pour intervenir lorsque votre véhicule est endommagé suite à un choc avec un tiers clairement identifié : un autre véhicule dont vous avez le numéro de plaque, un piéton, ou même un animal dont le propriétaire est connu. Si le tiers responsable prend la fuite mais que vous avez pu recueillir un élément d’identification (plaque d’immatriculation même partielle, témoignage, vidéo de dashcam) et que vous déposez plainte, cette garantie peut s’activer.
En revanche, si le tiers s’enfuit sans laisser la moindre trace, il devient un tiers « non identifié ». Dans ce cas, la garantie Dommages Collision est inefficace. C’est là que la garantie « Dommages Tous Accidents » devient votre seule protection. Elle couvre les dommages matériels de votre véhicule indépendamment de l’identification du tiers. Elle intervient donc pour les délits de fuite sans témoin, mais aussi pour les accidents où vous êtes seul en cause (choc contre un arbre, sortie de route…).
Le tableau suivant synthétise les situations pour clarifier le rôle de chaque garantie, une distinction que de nombreux conducteurs ne découvrent qu’après un sinistre. C’est une analyse comparative qui met en lumière les limites de la garantie Dommages Collision.
| Scénario d’accident | Garantie Dommages Collision | Garantie Dommages Tous Accidents | Action requise pour activer |
|---|---|---|---|
| Choc sur parking, le tiers laisse ses coordonnées | ✅ Prise en charge | ✅ Prise en charge | Constat amiable rempli avec le tiers |
| Délit de fuite avec identification partielle (plaque, dashcam, témoin) | ✅ Prise en charge | ✅ Prise en charge | Plainte déposée + preuve d’identification (même partielle) |
| Choc contre un poteau/arbre pour éviter un obstacle | ❌ Refus | ✅ Prise en charge | Déclaration de sinistre seule, pas de tiers identifiable |
| Perte de contrôle inexpliquée, sortie de route | ❌ Refus | ✅ Prise en charge | Déclaration circonstanciée des faits |
| Collision avec animal sauvage (sanglier, chevreuil) | ❌ Refus (animal = pas un tiers identifié) | ✅ Prise en charge | Constat de police + photos des traces (poils, sang) |
Cette distinction est le pilier de l’indemnisation en cas d’accident seul ou avec un tiers non identifié. Vérifier la présence de la garantie « Dommages Tous Accidents » dans son contrat est la première étape pour s’assurer une tranquillité d’esprit.
L’erreur de nettoyer la rayure vous-même qui annule la prise en charge de la peinture intégrale
Face à une rayure profonde découverte sur votre carrosserie, le premier réflexe est souvent de vouloir « réparer » ou du moins atténuer le dégât. Un coup de chiffon, un peu de polish, un stylo retouche… ces gestes, qui partent d’une bonne intention, peuvent pourtant se retourner contre vous et compromettre une indemnisation complète. En matière d’assurance, l’erreur fatale est de détruire involontairement les preuves avant le passage de l’expert. Car une rayure n’est pas qu’un simple défaut esthétique ; c’est un indice que l’expert va analyser pour qualifier l’origine du sinistre.
En nettoyant la zone, vous effacez de précieuses micro-traces : résidus de peinture d’un autre véhicule, traces de frottement métalliques, ou même la forme exacte de l’impact (causé par une clé, un caddie, une portière…). Ces éléments permettent à l’expert de déterminer si la rayure relève du vandalisme (un acte malveillant volontaire) ou d’un simple dommage de stationnement (un frottement accidentiel). Cette qualification est essentielle, car elle peut influencer les conditions de prise en charge prévues par votre contrat, notamment l’application ou non d’une franchise spécifique.
Nettoyer la rayure peut amener l’expert à une conclusion défavorable : il pourrait considérer que le dommage est mineur ou d’origine indéterminée, et ainsi ne valider qu’une réparation locale (une simple retouche) plutôt que la remise en peinture complète de l’élément de carrosserie (portière, aile…), qui est bien plus coûteuse mais garantit un résultat parfait. La préservation de la « scène » est donc votre meilleur atout.
Pour garantir une prise en charge optimale, il est impératif de suivre une procédure de préservation stricte dès la découverte du dommage :
- Photographier immédiatement : Prenez des photos de la rayure sous plusieurs angles (plans larges montrant le contexte, gros plans détaillés) avant de déplacer le véhicule.
- Documenter les résidus : Photographiez tous les débris ou traces de peinture visibles autour de la rayure, sans jamais y toucher.
- Déclarer rapidement : Signalez le sinistre à votre assureur dans les 5 jours ouvrés, en décrivant précisément les circonstances (vandalisme présumé, choc…).
- Ne toucher à rien : C’est l’étape la plus importante. Ne lavez pas le véhicule, n’appliquez aucun produit sur la zone endommagée, même si cela vous semble inesthétique.
- Attendre le feu vert : Ne lancez aucune réparation, même mineure, avant d’avoir obtenu l’accord formel de l’assureur ou le passage de l’expert.
En figeant l’état du véhicule, vous donnez à l’expert tous les éléments pour poser un diagnostic juste, ce qui maximise vos chances d’obtenir une indemnisation à la hauteur du préjudice réel.
Dans quel ordre remplir votre constat amiable quand vous heurtez le mobilier urbain sans témoin ?
Heurter un poteau, une barrière de sécurité ou tout autre élément de mobilier urbain est un accident sans tiers impliqué. Dans cette situation, le constat amiable reste un document essentiel, mais sa rédaction obéit à des règles spécifiques. Beaucoup d’assurés paniquent et le remplissent mal, ou pire, n’en remplissent pas du tout, pensant que ce n’est pas nécessaire. C’est une erreur qui peut compliquer et retarder l’indemnisation. Remplir un constat seul sert à formaliser les circonstances de l’accident pour votre assureur. L’ordre des actions est primordial pour constituer un dossier clair et non-ambigu.
Le double mécanisme d’indemnisation à connaître
Lorsque vous endommagez du mobilier urbain, un double mécanisme d’assurance se met en place. D’une part, votre garantie Responsabilité Civile (RC), qui est obligatoire, couvrira les frais de réparation du bien public que vous avez endommagé. L’entité gestionnaire (mairie, département) se retournera contre votre assureur. D’autre part, les dommages subis par votre propre véhicule ne seront pris en charge que si vous disposez d’une garantie « Dommages Tous Accidents ». Cette prise en charge s’accompagnera de l’application de la franchise prévue à votre contrat et, dans la plupart des cas, d’un malus sur votre coefficient de réduction-majoration, car vous êtes considéré comme responsable de l’accident.
La section la plus importante de votre constat est la rubrique « Observations ». C’est ici que vous devez décrire avec précision ce qui a provoqué l’accident. Ne vous contentez pas d’un « j’ai heurté un poteau ». Apportez du contexte : « perte de contrôle sur chaussée glissante due au verglas », « manœuvre d’évitement pour ne pas percuter un animal/piéton qui a surgi ». Ces détails peuvent aider l’assureur à mieux qualifier le sinistre. Voici l’ordre chronologique à suivre :
- Sécuriser la zone : Allumez vos feux de détresse, garez-vous si possible, et enfilez votre gilet de sécurité avant de sortir du véhicule.
- Photographier la scène : Prenez des photos de votre véhicule, du point d’impact, mais aussi du mobilier urbain endommagé et de l’environnement global (état de la route, signalisation).
- Remplir le constat seul : Utilisez uniquement le recto (partie A, véhicule A). Ne remplissez rien dans la partie B. Cochez la case 8 « A heurté un obstacle fixe » dans la section « Circonstances ».
- Détailler dans les « Observations » : Utilisez cet espace pour expliquer précisément les faits qui ont mené au choc. Soyez factuel et concis.
- Prévenir l’autorité compétente : Si les dégâts sur le mobilier sont importants (poteau électrique couché, barrière sur la voie), contactez la mairie ou les services de voirie pour signaler le danger.
- Déclarer à l’assurance : Envoyez le constat et les photos à votre assureur dans le délai légal de 5 jours ouvrés.
Suivre cette procédure démontre votre bonne foi et fournit à l’assureur un dossier complet, accélérant ainsi le processus de prise en charge tant pour le mobilier urbain que pour votre propre véhicule (si votre contrat le permet).
Pourquoi le réseau partenaire bénéficie d’une validation express des devis par l’expert ?
Lorsque votre assureur vous propose de faire réparer votre véhicule dans un « garage agréé » ou « partenaire », ce n’est pas un simple conseil commercial. Opter pour ce réseau présente des avantages concrets en termes de rapidité et de simplicité, notamment grâce à un processus de validation des devis quasi instantané. Pour l’assuré, cela se traduit par une immobilisation réduite du véhicule et, le plus souvent, par l’absence d’avance de frais (tiers payant).
Cette rapidité n’est pas magique, elle repose sur un modèle économique bien rodé. Les assureurs et les réseaux de garages partenaires établissent des accords-cadres annuels. Dans ces accords, les tarifs des pièces détachées et le coût horaire de la main-d’œuvre sont pré-négociés et standardisés. Ces tarifs deviennent la référence pour toutes les réparations effectuées au sein du réseau pour cet assureur.
Les coulisses de la pré-négociation tarifaire
Le fonctionnement des réseaux partenaires, qui peuvent compter plus de 3 000 garages pour certains assureurs, repose sur la suppression de l’étape la plus chronophage : la négociation tarifaire. Lorsqu’un expert se déplace dans un garage agréé, son rôle n’est plus de débattre du prix de chaque pièce ou du temps de main-d’œuvre. Ces éléments ont déjà été validés en amont dans l’accord-cadre. Sa mission se concentre alors sur l’aspect purement technique : valider la pertinence des réparations proposées par le garagiste par rapport aux dommages constatés. Cette standardisation permet de diviser par deux le temps de traitement du dossier. L’assureur paie directement le réparateur, évitant à l’assuré toute avance de frais, hormis l’éventuelle franchise.
En choisissant un garage hors réseau, le processus est plus long. L’expert doit non seulement valider la pertinence technique des réparations mais aussi négocier point par point le devis du garagiste pour s’assurer qu’il correspond aux prix du marché. Cette étape de négociation peut créer des frictions et retarder l’accord de prise en charge, et donc le début des travaux. Le choix d’un garage partenaire est donc un véritable levier pour accélérer son indemnisation et simplifier toute la gestion administrative du sinistre.
Catastrophes naturelles ou forces de la nature : comment l’arrêté ministériel change vos droits ?
Quand votre véhicule est endommagé par un événement climatique (inondation, grêle, coulée de boue, tempête), l’indemnisation dépend d’une distinction juridique fondamentale : s’agit-il d’une « force de la nature » ou d’une « catastrophe naturelle » ? Cette qualification, qui ne dépend pas de vous mais d’une décision gouvernementale, change radicalement vos droits et le montant de votre reste à charge. Il est crucial de connaître la procédure pour ne pas passer à côté d’une indemnisation plus favorable.
La garantie « Tempête, Grêle, Neige » (TGN) ou « Forces de la nature » est une garantie contractuelle classique. Elle couvre les dommages directement causés par ces événements, avec application de la franchise prévue dans votre contrat. En revanche, le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles (Cat-Nat) est un régime légal, encadré par la loi. Il ne s’active que si deux conditions sont remplies : l’événement climatique doit être d’une intensité anormale et un arrêté interministériel reconnaissant l’état de catastrophe naturelle doit être publié au Journal Officiel pour votre commune.
L’avantage majeur du régime Cat-Nat est l’application d’une franchise légale, fixe et souvent bien plus basse que votre franchise contractuelle. Conformément au régime d’indemnisation catastrophe naturelle, cette franchise est de 380 € pour les véhicules. De plus, une indemnisation au titre de la Cat-Nat n’entraîne aucun malus. La chronologie de vos démarches est donc essentielle pour bénéficier de ce régime.
- Déclaration initiale (dans les 5 jours) : Dès que vous constatez les dégâts, déclarez le sinistre à votre assureur au titre de la garantie « Forces de la nature » ou « Tempête », sans attendre l’arrêté. C’est une obligation légale.
- Constitution des preuves : Prenez des photos des dégâts, de l’environnement (rue inondée, impacts de grêle) et conservez des articles de presse locale prouvant la date et l’ampleur de l’événement.
- Surveillance du Journal Officiel : Guettez la publication de l’arrêté de catastrophe naturelle pour votre commune. Cette publication peut prendre plusieurs semaines.
- Confirmation de la déclaration (dans les 10 jours post-arrêté) : Une fois l’arrêté publié, vous avez 10 jours pour recontacter votre assureur et lui demander formellement que votre dossier soit traité au titre du régime Cat-Nat.
- Vérification de la franchise : Assurez-vous que l’assureur applique bien la franchise légale de 380 € et non votre franchise contractuelle, si cette dernière est plus élevée.
Cette double démarche est cruciale. Une déclaration initiale tardive pourrait entraîner un refus de prise en charge, tandis qu’un oubli de recontacter l’assureur après l’arrêté vous ferait perdre le bénéfice du régime Cat-Nat plus avantageux.
À retenir
- La garantie « Dommages tous accidents » est la seule protection efficace pour les sinistres sans tiers identifié, la garantie « Collision » étant insuffisante.
- La préparation de l’expertise est une étape que vous devez piloter : la préservation des traces et la collecte de documents sont vos meilleurs atouts.
- Chaque type de sinistre (vandalisme, choc avec animal, catastrophe naturelle) obéit à une procédure de déclaration spécifique qu’il faut rigoureusement suivre.
Quels types de sinistres à couvrir en priorité si votre véhicule dort dehors en métropole ?
Laisser son véhicule stationné à l’extérieur, que ce soit dans la rue ou sur un parking non surveillé, l’expose à une multitude de risques bien plus variés qu’un simple accident de la route. Pour un conducteur, anticiper ces risques et choisir les bonnes garanties n’est pas un luxe mais une nécessité pour éviter de lourdes déconvenues financières. Une stratégie de couverture efficace ne consiste pas à prendre « tous les risques » au hasard, mais à hiérarchiser les garanties en fonction de la probabilité et de l’impact des sinistres les plus courants en stationnement extérieur.
On peut organiser cette stratégie en trois cercles de risques, du plus quotidien au plus exceptionnel, mais tous critiques. Le choix de ces garanties transforme votre assurance d’une simple obligation légale en un véritable bouclier patrimonial pour votre véhicule.
- Cercle 1 – Le risque quotidien et malveillant : Le plus fréquent. Il s’agit des dégradations volontaires. La garantie vandalisme est ici essentielle. Elle couvre les rayures faites avec une clé, les tags, les rétroviseurs cassés et autres actes de dégradation qui ne résultent pas d’un accident. Sans elle, ces réparations sont entièrement à votre charge.
- Cercle 2 – Le risque climatique : Inévitable en l’absence d’abri. La garantie tempête, grêle et catastrophes naturelles est cruciale. Elle protège contre les chutes de branches, les dégâts liés au vent violent, les carrosseries abîmées par les grêlons ou les dommages causés par une inondation.
- Cercle 3 – Le risque criminel : Le plus lourd financièrement. La garantie vol est indispensable et doit être examinée en détail. Elle doit couvrir non seulement le vol du véhicule lui-même, mais aussi la tentative d’effraction (serrure forcée, vitre brisée) et de plus en plus, le vol d’équipements spécifiques comme les catalyseurs ou les jantes de valeur.
Au-delà de ces trois piliers, la garantie incendie est souvent sous-estimée mais vitale pour un véhicule en extérieur, couvrant autant un feu d’origine criminelle que la propagation depuis un véhicule voisin. Enfin, des options comme la garantie du contenu du véhicule et des équipements hors-série (coffre de toit, jantes personnalisées) viennent compléter cette protection pour une couverture réellement exhaustive.
Pour évaluer si votre couverture actuelle est alignée avec ces risques et les procédures décrites, l’étape suivante consiste à réaliser un audit personnalisé de vos garanties auprès de votre conseiller.